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Diptyque Feydeau : les pièces

RÉSUMÉS

FEU LA MÈRE DE MADAME
La chambre à coucher d’Yvonne. Il est quatre heures du matin. Le mari d’Yvonne, Lucien, déguisé en Louis XIV, revient du bal des Quat’zarts. Mauvaise humeur de l’épouse réveillée en sursaut. Querelles conjugales. On sonne. C’est un domestique, Joseph, qui vient annoncer la mort de la mère de Madame. Yvonne s’évanouit. Puis le couple se prépare à se rendre à la maison mortuaire. Mais certains propos de Joseph font comprendre que le domestique a fait erreur : c’est en réalité la mère de la voisine qui est décédée. Expulsion de Joseph. Nouvelle dispute des époux.

MAIS N’TE PROMÈNE DONC PAS TOUTE NUE !
Le salon du député Ventroux. Celui-ci reproche à sa femme de se montrer trop souvent en tenue légère devant leur fils ou devant Victor, leur domestique.
Lorsque Monsieur Hochepaix, maire de Moussillon-les-Indrets et adversaire politique de Ventroux, vient solliciter une faveur pour ses administrés, Clarisse apparaît encore dans la même tenue, provoquant à nouveau la fureur de son époux.
La jeune femme est piquée à la croupe par une guêpe. Persuadée que son cas est grave, elle prie son mari de bien vouloir sucer la plaie. Ce dernier s’y refuse. Monsieur Hochepaix, sollicité à son tour, se dérobe également. On va donc faire appel à un médecin.
Sur ces entrefaites, on annonce la visite de Romain de Jaival, journaliste au Figaro venu interviewer Ventroux. Celui-ci passe dans la pièce voisine afin d’y poursuivre son entretien avec monsieur Hochepaix et demande au reporter de bien vouloir patienter quelques minutes. Survient alors Clarisse qui, prenant Jaival pour le médecin, lui fait examiner l’endroit douloureux et extirper l’aiguillon. Entrant à ce moment précis, Ventroux, indigné, repousse brutalement le journaliste dont il révèle l’identité à sa femme. Soudain, il s’aperçoit que Clémenceau, son voisin, se trouve à sa fenêtre : il a assisté au spectacle et il ricane. « Ah ! je suis foutu ! ma carrière politique est dans l’eau ! » s’exclame le parlementaire, pendant que Clarisse, avec une inconscience désarmante, adresse de petits saluts au tribun.

L'HISTOIRE DES PIÈCES

FEU LA MÈRE DE MADAME
La première de « Feu la mère de Madame » a lieu le 15 novembre 1908.
Le succès est tout de suite considérable. Le critique Pierre Mortier résume l’opinion générale en admirant : « l’agrément du dialogue, la vivacité des répliques, la drôlerie des personnages », qui procurent aux spectateurs « une heure de folle gaieté, de rire inextinguible », et il n’hésite pas à évoquer le « génie comique » de Feydeau.
Le soir du 15 novembre 1908, Feydeau a conscience d’avoir gagné le pari qu’il s’était fait avec lui-même un an auparavant : sortir du vaudeville où il était passé maître pour inventer un genre dans lequel il n’excellerait pas moins. Ce genre nouveau, c’est la farce conjugale, évoquant l’enfer à deux. Une heure de spectacle, un acte bourré de discussions mesquines, de querelles stupides où se révèlent sans fard l’agressivité et l’amertume de l’épouse, l’égoïsme et l’irresponsabilité de l’époux. Mais par un étrange paradoxe, de ce huis-clos conjugal parfaitement féroce Feydeau arrive, grâce à l’accumulation de détails triviaux, à dégager un comique si puissant qu’il parvient à masquer à une part importante du public la noirceur de la peinture. C’est là que réside la profonde originalité de ce « Feu la mère de Madame » qui crée un genre…

MAIS N'TE PROMÈNE DONC PAS TOUTE NUE !
Feydeau écrit « Mais n’te promène donc pas toute nue ! » en trois semaines. Son travail est d’autant plus agréable qu’il lui permet de régler quelques comptes. Ainsi profite-t-il de la circonstance pour exploiter dans sa pièce un incident tout à fait authentique survenu quelques années auparavant : au cours d’un pique-nique avec des amis, en forêt de Rambouillet, une guêpe avait piqué la nuque d’une certaine Madame Picaud, amie des Feydeau. Georges, qui avait cru devoir sucer la plaie de la victime, avait été en butte à une violente scène de jalousie de la part de Marianne, son épouse. Elle l’avait accusé d’avoir agi moins par dévouement thérapeutique que lubricité maniaque. Comme c’était ridicule ! Feydeau va donc se servir de cet incident pour corser sa pièce et même pour agencer un dénouement.
Elle sera représentée le 25 novembre 1911.
L’accueil de la critique et du public est excellent. Feydeau a emporté le succès qu’obtient tout ce qui sort de la plume victorieuse de ce maître caricaturiste.
Les critiques s’aperçoivent que Feydeau poursuit ici la peinture d’une personnalité très voisine de celle qu’il avait évoquée dans « Feu la mère de Madame »… c’est évidemment le fait que les deux héroïnes ont pour commun modèle Marianne…

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